Vous prendrez bien une tasse de thé ?

Sanctum Corpus : l'enfer est pavé de bonnes inVentions

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4ème de couverture

Il y eut la guerre.

Les hommes étaient allés trop loin dans leur maîtrise du vivant : eugénisme, banque d’organes, immortalité. Scandalisé de n’être qu’une matière première génétique à exploiter, le tiers-monde finit par se révolter. Une société standardisée émergea, plus juste et régulée par des intelligences artificielles, mais lorsque des vagabonds extra-terrestres s’échouèrent sur Terre, il n’y eut d’alternative à l’extermination que d’incinérer le monde.

Bien des années plus tard, Viktor est un scientifique de Gamma, une cité-îlot au cœur des terres brûlées. Au cours d’une attaque des envahisseurs, il est subitement arraché à sa vie médiocre et routinière. En compagnie de Fathya, une marginale aveugle, il dévoilera les plus sombres secrets de sa ville et de son inaccessible dirigeant.

Mon avis

Sam adore la science-fiction. Du coup, je lui avais offert un exemplaire du Sanctum Corpus d'Olivier Saraja - dédicacé, s'il vous plaît ! - sans me méfier le moins du monde ; après tout, j'avais pris un super pied avec Zombie Kebab (je saiiiiis, j'en parle tout le temps, mais que veux-tu, quand c'est bon...), comment Sanctum Corpus aurait-il pu être décevant ? Sam a été ravi de ce cadeau (en tout cas, c'est ainsi que je l'ai pris), et il l'a englouti. Rasée par mes dernières lectures beaucoup trop longues pour mon humeur du moment, je me suis dit qu'il était temps de voir si nos sentiments au sujet de cette novella concordaient - je lui ai donc piqué son exemplaire, car je suis une femme de mauvaise vie. En plus, j'ai recommencé à jouer à X-COM dernièrement, alors cette lecture tombait à pic, ça restait dans le ton.

Sanctum Corpus est un texte assez court : 154 pages bien aérées en caractères de bonne taille (à vue de nez, je dirais l'équivalent du 12 de Times New Roman), voilà qui a reposé mes yeux fatigués. J'ai investi dans l'édition papier, bien entendu, et l'objet est plaisant ; cet ouvrage est le premier imprimé par lulu.com que je rencontre sensoriellement parlant, et, très honnêtement, le résultat est très propre. Sans parler de l'illustration de couverture, très chouette elle aussi. Bref, visuellement, le Sanctum Corpus d'Olivier Saraja est une réussite.

Pour ce qui est du texte, on retrouve là le style sobre mais soigné d'Olivier, dont je t'ai déjà parlé lors de la critique de ses autres œuvres. Il y a là-dedans juste ce qu'il faut de descriptions pour donner à voir au lecteur l'ambiance, les paysages, sans pour autant brider son imagination. Il en va de même pour les personnages, que chacun pourra voir à travers sa propre lorgnette. Le texte reste focalisé sur l'utile, le nécessaire. Il ne se refuse pas les fioritures, mais s'en tient au minimum, ce qui s'assortit très bien avec le contenu - il ne s'agit pas d'un récit baroque.

Quant au récit en lui-même, j'y ai pris du plaisir. J'ai arpenté avec Viktor les rues déprimantes de Gamma, j'ai regardé par-dessus son épaule l'attaque des extra-terrestres, je me suis interrogée avec lui sur les alternatives qui s'offraient à lui une fois déconnecté de l'Intelligence... J'ai même ressenti, au début, l'omniprésence oppressante de cette Intelligence, ainsi que cet insidieux appétit pour la facilité qu'elle utilise pour masquer son action vampirique sur l'individualité, la réalité des habitants de la grande cité. Sanctum Corpus est un récit plus que jamais d'actualité - petit "clin d’œil en abyme" au "musée" de la confrontation finale -, qui trouve tout à fait sa place dans le contexte socio-politico-économique actuel. Et la projection que fait Olivier à partir de ce constat de dépendance grandissante aux "technologies de l'information" est aussi réaliste qu'effrayante. Je n'en dis pas plus.

Là-dedans, les personnages sont relativement bien développés (compte-tenu de la longueur du récit), cohérents, intéressants. J'en suis même venue à m'attacher un peu, et l'épilogue m'aurait presque arraché une larmichette - mais c'est quand même tellement agréable, un récit qui ne se termine pas pour le mieux dans le meilleur des mondes, que j'ai su résister.

Conclusion

Sanctum Corpus est un bon bouquin, qui se lit vite et s'avère entraînant. Je ne peux que te recommander de te lancer dans l'aventure !

Le petit plus, il me semble intéressant de le préciser, c'est que tu peux l'acheter en direct à l'auteur, lui demander une dédicace, et recevoir en plus le texte au format epub, gratuitement. Je ne sais pas ce que tu en penses, mais en ce qui me concerne, je trouve ça classe - et super cool de pouvoir donner des sous directement à l'auteur plutôt qu'à des intermédiaires pas toujours méritants.


Plus d'Olivier Saraja :
L'appétit des ombres - Spores ! - Zombie Kebab


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Cette critique t'a-t-elle donné envie de lire Sanctum Corpus ? Qu'en as-tu pensé ? Dis-moi tout !

Épidémies, aliens et abordages - En vrac : mes dernières lectures

10 commentaires
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Il semblerait que je ne sois pas en mesure de rédiger une critique séparée pour chacune de mes dernières lectures. Pas que je n'en aie pas le temps. C'est plutôt l'envie qui me manque. Cela dit, pour que tu ne sois pas en reste et afin que tu puisses bénéficier d'un avis sur les lectures en question, je m'en vais te faire un petit billet rapide (que j'aurais quand même mis trois semaines à poster !).

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Toxic [Intégrale Saison 1], Stéphane Desienne

4ème de couverture

La race humaine tente vaille que vaille de survivre au sein de poches de résistance dispersées. La Terre n'est plus qu'un vaste champ de ruines aux ressources de plus en plus rares. Pour en arriver à un tel cauchemar, notre monde aura dû affronter deux fléaux: un virus inconnu et dévastateur a d'abord décimé la population — la transformant en hordes de zombies — puis débarquèrent des étoiles ceux qui auraient pu être les sauveurs : une armada extra-terrestre. Hélas, pour ces aliens, les hommes ne sont que du bétail dont la chair est un mets des plus appréciés outre-espace... à condition qu'ils ne soient pas contaminés! Car transformés en morts-vivants, les humains n'ont plus aucune valeur. Depuis son Q.G. de Dubaï, Naakrit dirige les opérations qui feront de lui un alien riche : collecter des humains sains et en gérer l'exportation pour ses clients. Mais avant d'amasser sa fortune, il devra composer avec deux problèmes épineux: Jave, un émissaire venu surveiller son activité, et la prolifération du virus zombie qui menace ses capacités d'approvisionnement. Pendant ce temps, un groupe d'humains cherche à échapper aux zombies et aux extraterrestres. Bien malgré elle, Elaine, une infirmière au caractère bien trempée, endosse le rôle de meneur. Autour d'elle, des hommes et des femmes perdus dans un monde sans repère: Masters est un colonel de l'armée US, Alva une ex-starlette. Bruce est étudiant en biologie, et Hector un ancien dealer colombien tout juste sorti de prison. Et puis, il y a Dew. Un adolescent muet — peut-être autiste — dont personne ne sait rien. Tous sont bien décidés à reprendre le destin de leur planète en mains. Mais quel espoir peut bien guider ceux qui survivent au milieu de cet enfer ?

Mon avis

Lue sur mon smartphone, cette première (sur deux) saison de Toxic est plutôt sympa : la couverture claque, et le pitch promet une revisite du thème de l'invasion zombie. Cette fois-ci, l'humanité est réellement mal barrée, puisqu'en plus de sa population qui se désagrège en loques (encore plus) assoiffées de sang, des aliens viennent faire leur marché d'épicerie fine parmi les humains sains. Les chapitres alternent le point de vue d'un groupe de survivants, et le point de vue "des aliens". Le récit est très dynamique et notre ami Stéphane joue plutôt bien du "cliffhanger". En outre, les événements sont parfois inattendus, souvent surprenants dans leur déroulement. Bref, on n'a pas le temps de s'ennuyer !

J'ai malgré tout noté plusieurs points qui m'ont pas mal chagrinée.

  • il y a pas mal de coquilles. Je n'avais lu chez Walrus que Zombie Kebab, pour lequel je n'ai pas souvenir de m'être fait une telle remarque. Alors, c'est vrai, l'intégrale de la première saison de Toxic, ça fait un gros paquet de mots, et ça arrive de laisser filtrer de petites erreurs. Mais là, ça a été suffisamment fréquent (pas toutes les pages non plus hein) pour que j'en vienne à le noter ici.
  • l'action concernant le groupe de survivants se passe aux États-Unis. Et franchement, j'en ai ras-le-bol de cette manie de tout faire se produire aux États-Unis, comme si le cinéma américain qui nous abreuve en permanence de ses déchets audiovisuels n'était pas déjà suffisamment auto-centré, il faut encore que le reste du monde en fasse de même ! Pourtant, comme en témoigne la nouvelle bonus de fin d'intégrale, Stéphane est capable de nous pondre des histoires de zombie "bien de chez nous" - ne va pas croire que je suis chauvine ; mais l'originalité d'un récit et le plaisir qu'on prend à le découvrir tient AUSSI au lieu dans lequel le décor est planté. Note que le récit côté aliens est plutôt focalisé sur l'Afrique (ça, c'est chouette), mais bon. Y'a quand même les States dans l'équation.
  • c'est peut-être une volonté de l'auteur, mais le personnage "principal" du groupe de survivants, Elaine, est (pour moi) insupportable. Ce personnage, de mon point de vue, c'est la quintessence de ce qui rend un personnage féminin cliché : fille d'un militaire qui a tout sacrifié à son boulot, la nana sait "tout faire" (utiliser un flingue, piloter un hors-bord...), elle est infirmière (donc, forcément, elle veut sauver tout le monde. Ce qui amène à des situations inconcevables dans la vraie vie réelle, où elle met en danger tout le monde juste pour satisfaire ses pulsions de Wonder Woman), et, bien entendu, comme toute femme de bien dans un récit de fin du monde, elle se laisse très volontiers aller à ses moments maman-poule. Eh oui, Elaine, c'est une vraie Américaine gentille ! Personnellement, les personnages qui ont tellement envie de sauver tout le monde que ça les rend stupides, ça m'agace (parce que, très sincèrement, en vrai, ça ferait longtemps qu'elle se serait pris une balle dans la nuque pour avoir mis les autres en danger), et les moments maman-poule qui sont laissés à l'exclusivité d'une femme, ça me gonfle pas mal aussi. Pourquoi ne pas donner ce rôle à un homme, pour changer ?

À propos de la nouvelle bonus, Monaztère

La nouvelle de fin était plutôt chouette. J'ai vraiment aimé le réalisme avec lequel l'ambiance/les conditions de vie des survivants était dépeinte (clin d’œil au passage aux toilettes du début - un passage indispensable, et aussi génial que Nicole Kidman sur le trône dans Eyes Wide Shut !), la dynamique de groupe bien établie, la complicité entre les personnages, et le fait que ça se passe en France. Stéphane a vraiment réussi à faire quelque chose de super là-dessus. Deux choses m'ont agacée toutefois :

  • le postulat de départ de l'histoire ne tient, à mon sens, pas la route (c'est le cas de le dire) ; quand tu vis dans un monde infesté de zombies, tu ne mets pas ton camion dans le fossé pour éviter ce que tu prends pour un gamin debout au milieu de la route. Tu lui roules dessus, parce que tu n'as aucune certitude, et que tu as envie de vivre.
  • l'héroïne, Samira, a le syndrome d'Elaine : la Wonder Woman qui veut sauver tout le monde, même l'ado brise-noix à cause duquel tous ses amis sont morts. Dommage, parce qu'en dehors de ça, le personnage est vraiment très réussi, très vivant. Bref, là-dessus, j'ai été déçue.

Bon, je taille un costard à Stéphane dans mes points noirs, c'est vrai, mais il n'en reste pas moins qu'il ne s'agit que de mon avis - ce n'est donc pas, cher enfant, une vérité universelle ! - et que j'ai malgré tout passé un bon moment de lecture. Il fallait seulement que j'extériorise tout ça - on sait jamais, ça pourrait servir à quelqu'un.
Sam, de son côté, a tellement adoré la saison 1 qu'il a dare-dare acheté toute la saison 2, qu'il a dévorée en quelques jours.

En bref, tu peux ajouter Toxic dans ta liste de lectures sans sourciller ; c'est une lecture-détente sympa pour qui aime les zombies, les aliens et la fin du monde.

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Tortuga, Valerio Evangelisti

4ème de couverture

En 1685, les jours des pirates regroupés dans la confréfie des Frères de la Côte, aux ordres du roi de France, sont comptés. Louis XIV a fait la paix avec son traditionnel ennemi, l'Espagne, et les attaques des flibustiers des Caraïbes à partir de l'île de la Tortue ne sont plus les bienvenues.

C'est dans ce contexte qu'un ancien jésuite portugais au passé mystérieux, Rogério de Campos, va faire le dur apprentissage de la vie. Sa passion pour une esclave africaine l'entraînera dans une véritable descente aux enfers, au contact d'une société dont il découvrira, non sans une certaine fascination, la barbarie et les codes rigides.

Véritable roman d'aventures bruissant du fracas des abordages et des batailles, Tortuga, dans une tentative pleinement réussie de "déboulonnage" d'un mythe romantique si complaisamment exploité au cinéma comme en littérature, restitue la noirceur de l'âme pirate.

Mon avis

J'ai mis quasiment trois mois à terminer ce bouquin. J'avais eu envie de le lire après visionnage de la vidéo de Guimause qui en parlait. Je ne sais pas si je l'ai commencé dans de mauvaises dispositions, en tout cas je n'ai pas accroché.

Tout au long du récit, on suit un ancien Jésuite reconverti en pirate "par la force des choses", ce qui nous donne l'occasion de découvrir de l'intérieur les mœurs de la flibuste. De ce point de vue là, Valerio a fait un travail admirable : on s'immerge sans mal dans l'état d'esprit et la vie de pirate.

Par contre, le style d'écriture m'a semblé tout sauf porteur, presque scolaire. Je me suis permis de supposer qu'il s'agissait des conséquences naturelles de la rédaction d'essais historiques, dont était visiblement coutumier Valerio avant de passer à la littérature fantastique. Comprends-moi bien : ce n'est pas mal écrit, mais ce n'est pas dynamique, c'est mou.

Il m'a semblé, en finissant ce livre, que le personnage de Rogerio (personnage principal) et l'histoire n'étaient en fait qu'un prétexte à écrire sur les pirates. Rogerio est assez dépourvu de substance, et l'histoire... Finalement, je ne sais pas trop s'il y en a une ou pas.

Si tu es fan de pirates, ou que la flibuste t'intéresse d'un point de vue historique, lance-toi donc dans Tortuga. Si tu ne fais partie d'aucune de ces catégories, passe ton chemin - sauf si tu as l'occasion de te le faire prêter, c'est toujours enrichissant.

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Spores !, Olivier Saraja

4ème de couverture

La civilisation s’est effondrée. Pieter et sa fille Enora tentent de survivre dans un monde envahi par une espèce de mousse très invasive, dont les spores représentent un danger mortel. L’irruption d’une femme dans leur vie bouleversera leur quotidien. Vers quel avenir les entraînera-t-elle?

Entre drame humain et fable écologiste, Spores! amène le lecteur dans un monde silencieux et oppressant, sis aux limites de la folie humaine. Pour public averti.

Mon avis

Ça faisait un moment que je l'avais dans les cartons et qu'il fallait que je lise cette nouvelle d'Olivier ; j'ai profité d'une insomnie pour remédier à mes manquements de lectrice.

L'univers de la nouvelle Spores ! est très sombre, très glauque, et dépeint avec force réalisme (je n'ai eu aucun mal à imaginer les paysages) - d'ailleurs, la couverture est vraiment bien conçue.
Les personnages sont bien ficelés, bien travaillés, cohérents.
L'intrigue, quant à elle, m'a plutôt emballée, sans parler de la fin brutale, une nouvelle comme je les aime !

Étant donné que Spores ! est un texte assez court, difficile de vraiment en parler sans tout gâcher. Sache, en tout cas, que cette nouvelle vaut la peine d'être lue !

Plus d'Olivier Saraja :
L'appétit des ombres - Zombie Kebab


En résumé

À lire :
  • Spores !, d'Olivier Saraja, qui est une bonne nouvelle
  • Toxic, de Stéphane Desienne, qui fait une bonne lecture détente.

Éventuellement :
  • Tortuga, de Valerio Evangelisti, si tu aimes la flibuste ou si tu peux l'emprunter, à l'occasion.

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Et toi, que vas-tu ajouter à ta liste de lectures ? As-tu déjà lu certains de ces textes ? Qu'en as-tu pensé ?

Le smartphone, alternative à la liseuse

4 commentaires
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Si tu me suis depuis un moment, tu sais qu'après avoir mis un temps certain à adopter ma liseuse - pour manque d'ergonomie, notamment - elle m'a claqué entre les doigts lamentablement au bout de quelques mois seulement d'utilisation. Et que je me suis trouvée, à l'instar de la cigale de La Fontaine, bien dépourvue, alors que je ne pouvais plus lire mes ziboucs fraîchement achetés. Mon moi du passé se désespère d'ores et déjà de la réplique en préparation : ce qui est bien, c'est que puisque j'ai à disposition un smartphone, tout n'est pas perdu pour la lecture de livres virtuels.

Je ne vais pas te mentir - comme d'habitude - : lire sur un smartphone, c'est moins sympa que lire sur une liseuse. Mais il est possible, malgré tout, d'atteindre un confort de lecture acceptable, et ainsi de continuer à dévorer, quoi qu'il arrive, les créations de tes auteurs préférés, quel que soit l'endroit (ça marche même en salle de réunion), plus ou moins discrètement ! Pour cela, rien de plus simple. Il te faut :
  • un filtre matifiant pour ton écran - lire avec les reflets du soleil, tu peux essayer, si tu aimes te faire du mal.
  • une application de filtrage de lumière bleue - indispensable si tu lis en soirée.
  • une application de lecture d'epub, le sujet du jour.

Avant d'entrer dans le vif du sujet (le lecteur d'epub) un petit mot sur les deux premiers ingrédients de la recette du parfait petit smartphone.
  • S'agissant du filtre matifiant, il est indispensable. Un écran qui brille, c'est un argument marketing (y'a pas que les pies qui aiment ce qui brille, la preuve !), mais c'est tout sauf pratique. Sans même mentionner les inévitables et enquiquinantes traces de doigts - et peu ragoûtantes, surtout si tu viens de te mettre le doigt dans les oreilles ; ne nie pas, je t'ai vu ! -, lire sur un écran brillant, c'est impossible. Ok, peut-être pas réellement impossible, mais si tu tentes l'expérience dans un endroit un tant soit peu éclairé, dis adieu à ton acuité visuelle. Tu vas te bousiller les yeux, voire te faire mal à la tête. Ce n'est pas une bonne idée. Surtout qu'un filtre matifiant, c'est pas cher, et ça dure longtemps : pour environ 4€, tu peux avoir deux protections qui vont également protéger ton écran des petites indélicatesses que tu serais tenté de lui faire subir. Non seulement tu verras mieux, tu auras nettement moins de traces de doigts sur ton écran, mais en plus tu accrois la durée de vie dudit écran (et par là-même de ton téléphone). C'est-y pas merveilleux ? Je suis trop sympa, je t'aide aussi à rentabiliser tes grosses dépenses. En ce qui me concerne, (je n'ai pas d'action chez eux et cet article n'est pas sponsorisé, je précise) j'ai opté pour la marque Brotect, et je suis tout à fait satisfaite de leur filtre à l'usage.
  • Quant au filtre de lumière bleue, tu as sans doute déjà entendu parler de l'effet de la lumière bleue sur le sommeil. Qui dit effets sur le sommeil dit aussi répercussions sur la santé (eh oui, je te rappelle que le sommeil c'est un peu comme le passage à l'écurie à chaque tour de piste ; ça permet de changer les pneus, revisser les boulons, refaire le plein...), et comme nous sommes des gens responsables (ce qui n'implique pas forcément d'être chiant comme la mort. Je t'assuuuuure !), nous protégeons nos petits yeux fragiles. Pour les écrans d'ordinateurs, mon meilleur ami en la matière s'appelle f.lux (je pose ça là, sait-on jamais...). Il existe bien une application f.lux sur Android, mais elle ne semble pas vraiment au point. Ce qui est bien, c'est qu'il existe des applications gratuites "concurrentes" pour protéger tes petits yeux fragiles ! La plus fonctionnelle et respectueuse quant aux autorisations demandées que j'ai trouvée s'appelle Twilight (oui, oui, comme les livres... *gros soupir*) ; je ne peux que te la recommander. Elle est relativement flexible en version gratuite (sans pub), les fonctionnalités les plus importantes étant personnalisables.

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Les droits demandés par Twilight et les paramètres principaux


Le coeur du sujet maintenant : l'application de lecture. Il y en existe une quantité impressionnante. Pas toujours facile de faire le tri dans tout ça. Pour l'instant, l'application qui a retenu mon attention et dont je te parle aujourd'hui, c'est FBReader. Rien à voir avec Facebook ; Favorite Book Reader. Évidemment, tu te doutes bien que si je te recommande celle-ci, c'est qu'elle ne demande pas plus d'autorisations qu'une application de lecture d'epub n'est supposée en demander. Mieux, c'est une application gratuite, sans publicité (tu es, bien entendu, encouragé à faire un don aux développeurs si tu aimes leur application, ou à acheter la version pro de l'application qui te donne accès à des fonctionnalités supplémentaires), et des extensions sont disponibles ; tu peux ajouter par exemple une extension pour lire les PDF, les BDs...

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FBReader : autorisations et menu principal


Dans sa version initiale, l'application FBReader est déjà très complète : tu peux gérer ta bibliothèque en triant par auteur, titre, série, libellé, favoris. L'affichage de base reste sommaire, sous forme de simple liste. Mais tu peux, si tu préfères une présentation plus visuelle, ajouter soit une extension (intégrant des publicités, c'est explicitement précisé), soit en passant en premium.

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FBReader : menu des paramètres personnalisables ; les possibilités de personnalisation sont nombreuses !


Pour chaque bouquin, tu accèdes tout d'abord à une sorte de fiche récapitulative qui reprend les informations liées au fichier : la couverture, le résumé, le chemin d'accès au fichier. Si tu changes de lecture en cours de route, pas de problème, FBReader conserve un marque-page sur ton dernier point de lecture. Tu peux donc papillonner sans crainte d'un fichier à l'autre.

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FBReader : synchronisation, plugins et marques-pages


Quant aux options accessibles pendant la lecture, elles sont nombreuses. Tu peux tout d'abord, d'un simple "clic", passer du mode nuit au mode jour ; comprendre "alterner les couleurs de fond et de police" (le mode nuit se fait en blanc sur fond noir, le mode jour dans l'autre sens). Tu as, évidemment, un accès rapide via un bouton à glissière à n'importe quelle page de ton e-book - tu peux aussi utiliser la table des matières. Tu peux faire une recherche dans la page. Augmenter et diminuer la taille de police, bref, les classiques. Mais tu peux également personnaliser à peu près tout : la mise en page, les feuilles CSS (ce qui permet de gérer le style d'affichage global), les marges, les modes de défilement... Et tu peux synchroniser tes lectures - utile, par exemple, si tu passes du téléphone à une tablette par exemple (je n'ai pas testé cet aspect). Enfin, si tu es un gros fan de partage en temps réel de tes lectures, l'application intègre visiblement Twitter (non testé !). En bref, tu peux faire ce que tu veux de ton lecteur ! Pour ma part, rien qu'en personnalisant deux trois petites choses, et sans pousser le vice jusqu'à faire mes propres feuilles de style, je me plais bien sur ce lecteur (super ergonomique), qui m'accompagne depuis le décès prématuré de ma liseuse - toute entité diabolique disponible ayant son âme.

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FBReader : récapitulatif d'informations du livre, première de couverture sans Twilight, première de couverture Twilight activé



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FBReader : menu accessible pendant la lecture, lecture mode jour, lecture mode nuit



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FBReader : table des matières dépliable, interactions avec le texte, accès aux dictionnaires externes



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FBReader : options de lecture et position dans le livre



Reprenons !

Tu as un smartphone et tu lis des livres numériques ? J'ai une excellente nouvelle pour toi : tu n'as pas besoin de claquer 100 balles de plus pour les lire : ton téléphone fera parfaitement l'affaire !

N'oublie pas de le customiser avec un petit filtre matifiant, d'ajouter une application qui filtre les lumières bleues, puis d'installer FBReader ; de longues heures de lecture numérique confortable et à moindre frais t'attendent désormais !


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Et toi, lis-tu sur ton smartphone (si tu en as un) ? Qu'utilises-tu comme application(s) ? Ça m'intéresse ! :-)

Le Diable s'habille en Prada, Lauren Weisberger

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4ème de couverture

Andrea n'en revient pas : même avec ses fringues dépareillées, elle l'a décroché, ce job de rêve. La jeune femme de vingt-trois ans va enfin intégrer la rédaction de Runway, prestigieux magazine de mode new-yorkais ! Et devenir l'assistante personnelle de la rédactrice en chef, la papesse du bon goût, la dénommée Miranda Priestly. Une chance inouïe pour Andrea : des milliers d'autres filles se damneraient pour être à sa place ! Mais derrière les strass et les paillettes de cette usine à rêves se cache un enfer peuplé de talons aiguilles et de langues de vipère...

Mon avis

Comme tu le vois, je me suis offert une petite niaiserie. J'avais envie de quelque chose de léger, pour changer de mes dernières lectures, et puisque j'avais bien aimé le film, dans son genre (eh non, je ne regarde pas que du Cronenberg !), je me suis dit que j'allais tenter l'expérience. Qui plus est, j'étais à peu près sûre de pouvoir trouver ce petit divertissement facilement chez le bouquiniste. Alors facilement, je n'irais pas jusque là. Mais j'ai réussi à le trouver.

Au cas où cela ne transparaîtrait pas suffisamment au fil du blog et de mes écrits, permets moi de te faire une révélation : je ne suis absolument pas une obsédée des fringues. Pas du tout. La mode, je m'en fous (au mieux, ça me fait rire parce que je trouve souvent que c'est ridicule ; au pire, ça me fait pleurer quand je constate les dégâts de cette industrie sur le monde et la Terre), et mon apparence est loin de faire partie de mes préoccupations centrales. J'ai souvent, par le passé, essayé de me glisser dans le moule de la nana basique, avec maquillage, coiffure, et tout le tremblement. C'est pas mon truc. J'ai tout balancé et j'ai tourné la page. Ça, c'était pour poser les bases.

Maintenant, le bouquin. Comment se fait-il que j'ai eu envie de lire ça ? Justement, pour me changer un peu la perspective - et parce que, connaissant la trame générale de l'histoire via le film, je savais que lire ça, ce n'était pas me renier tout à fait. Et le changement de point de vue a été assez chic ; j'ai passé un bon moment de lecture - parce qu'à défaut d'aborder un sujet passionnant, c'est en tout cas agréablement écrit, et ça permet de réfléchir aussi sur quelques trucs -, et j'ai de nouveau envie de lire - j'avais fait une sorte d'over-dose après l'ultra-critique, et j'avais du mal à me remettre en selle. Bref, un petit bol d'air pollué qui m'a finalement fait du bien !

L'héroïne, Andrea, est un personnage plutôt sympathique ; elle se fout de la mode beaucoup moins que moi, mais c'est quand même pas LE truc de sa vie (elle, elle veut écrire). Quand elle débarque passer son entretien d'embauche au poste d'assistante personnelle, elle ignore totalement et absolument qui est la rédactrice en chef (Miranda Priestly), que le monde entier à part elle semble connaître et admirer. Malgré ce gros handicap, elle décroche le job ; ou plutôt, elle accroche sa vie sur un portemanteau, en lui promettant de la récupérer dans un an, quand elle aura purgé sa peine auprès de Miranda qui lui permettra d'obtenir n'importe quel poste n'importe où - après tout, survivre à l'enfer, ça mérite récompense. Et effectivement, durant tout le roman, on assiste à l'humiliation permanente de notre camarade Andrea, à la futilité absolue de son job, aux accès de folie de sa patronne - y a-t-il VRAIMENT des gens comme ça ? Dans la vraie vie je veux dire ? Si oui, j'espère qu'ils vivent tous à New York et qu'ils restent entre eux. Parenthèse fermée. Petit à petit, Andrea rentre dans le moule, adopte les réflexes des simili-mannequins trop maigres qu'elle fréquente au quotidien, et finit par se faire assimiler par le monde de la mode. Elle en perd son copain, sa meilleure amie, sa vie tout entière. Toute son existence se résume à Runway et à Miranda Priestly.

Ce qui est "intéressant" là-dedans, au contraire des énumérations de marques (dont je ne connaissais d'ailleurs pas la moitié) qui m'ont douloureusement rappelé les énumérations d'espèces de poisson de Jules Verne dans Vingt Mille lieues sous les mers (pardon Jules, mais vraiment, tu l'as méritée celle-là !), c'est qu'on assiste à la dégradation progressive des principes du personnage principal. Andrea refuse tout d'abord de se conformer au "dress code" de son entreprise. Puis, lassée des remarques, des regards de travers et de sa propre paranoïa, elle finit par se vêtir comme ses bourreaux (un exemple tout à fait pertinent des méfaits de la pression sociale). Tout d'abord sceptique quant à l'utilité de son job et l'importance de Miranda, elle finit par se faire l'avocat du diable et entre complètement dans la peau de l'employée modèle de Runway. Cette dégradation lente est plutôt bien menée ; plus le récit avance, plus on a envie de donner des gifles à cette pauvre fille qui perd son temps à satisfaire les moindres caprices d'une foldingue.

Ce que ce roman a de rafraîchissant, c'est qu'à moins d'avoir déjà travaillé dans le milieu de la mode - ou de l'avoir fréquenté en tout cas - on ignore à peu près tout de ce que peut être le quotidien de ces gens-là. Et c'est une sorte de nouveau monde qui s'ouvre à nous. On se pose là, comme un anthropologue qui vient de découvrir une tribu mystérieuse et qui tente de décrypter ses rites, sa hiérarchie, son organisation générale. Ce côté "nouveauté" est agréable. Moins, quand on se rappelle que cette histoire a été tirée de l'expérience personnelle de l'auteure en tant qu'assistante personnelle d'une rédactrice en chef de grand magazine de mode ; tout n'est donc pas fiction, et les fous décrits dans ces quelques 400 pages existent bel et bien !

Autre petit point positif du Diable s'habille en Prada : l'humour. Bon, il faut bien le dire, on ne parle pas là d'humour décapant, de fous rires à se relâcher les sphincter, mais c'est traité avec le minimum de détachement que réclame un tel texte. L'auteure s'en sort très bien ; on sourit, on apprécie les petites piques, mais elles ne se font pas remarquer pour autant. Ça passe tout seul ("comme papa dans maman" comme dirait l'autre ; ou papa dans papa, ça marche aussi, soyons modernes).

Enfin, il faut le souligner, c'est un récit à la première personne ; ben oui, pour un roman comme ça, la première personne, ça tombe sous le sens. Ça fait peur un peu aussi ; mais que va-t-elle faire de ce point de vue d'échassier ? Eh bien figure-toi que de la même façon que pour l'humour et la légèreté, Lauren s'en tire bien. Sa première personne est bien traitée et ne se fait pas remarquer. L'immersion dans l'océan de strass et de recourbe-cils se fait d'autant mieux, ce qui favorise l'évasion.


Conclusion

J'ai passé un bon moment de lecture avec Le Diable s'habille en Prada. Suivre la vie misérable de cette pauvre Andrea m'a remise d'aplomb ; un bon moyen de se rendre compte qu'il est important de réfléchir à ses choix, de peser les pour et les contre, et de prendre garde à ne pas laisser sa vie devenir un enfer ; parce qu'en fin de compte, la seule personne responsable de notre misère, c'est nous-même.

Si tu aimes la mode, évidemment, je ne peux que te recommander de lire ce bouquin, d'autant plus si tu as aimé le film, parce que le texte est mieux.

Si comme moi tu t'en fous, tu peux quand même lire Le Diable s'habille en Prada ; à garder de côté pour une période de déprime, de fatigue, ou d'over-dose littéraire.

Ce n'est certes pas le chef-d’œuvre du siècle, loin de là. Mais c'est un peu comme une soirée chips/pyjama devant un nanar ; on s'oublie un peu, et ça fait du bien.

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Cette critique t'a-t-elle donné envie de lire Le Diable s'habille en Prada ? L'as-tu déjà lu ? Qu'en as-tu pensé ? On t'écoute !

BookCatalogue : ta bibliothèque dans la poche

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Si comme moi tu es un-e maniaque des livres, tu as sans doute tout un tas de petites manies, plus ou moins difficiles à supporter pour ton entourage - si tu en as encore un, auquel cas ce n'est pas tout à fait critique. En ce qui me concerne, je ne supporte pas d'abîmer mes livres ; il faut que la couverture reste impeccable, lisse, comme neuve (et l'intérieur de même). Enfin, ça, c'est pour ce qui concerne les livres neufs de ma réserve - pour les livres d'occasion ou prêtés, malheureusement, il me faut subir leur état de délabrement plus ou moins avancé. Une autre de mes petites manies, assez récente celle-là, c'est de répertorier mes bouquins, de les noter, et de garder une trace des dates de lecture. Ce dada flambant neuf, c'est une super application Android qui l'a déclenché, j'ai nommé Book Catalogue !

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Book Catalogue est une application peu gourmande en autorisations et plutôt bien notée


Comme son nom l'indique, Book Catalogue te permet de cataloguer l'ensemble de ta bibliothèque - sans blague ! Tu peux le faire à la main (si tu es courageux ou que les autres modes d'ajout n'ont rien donné), en saisissant l'ISBN de l'ouvrage, ou encore en scannant le code à barres - ce qui nécessitera l'installation de l'application ZXing ou de Pic2Shop (que je te recommande, moins intrusive au niveau des droits d'utilisation). Et, que tu ajoutes via l'ISBN ou par un scan' du code-barre, l'application (qui a besoin d'une connexion à Internet au moment de l'ajout, bien sûr) recherchera dans la base Amazon, puis dans la base Goodreads (propriété d'Amazon depuis 2013), puis dans la base LibraryThing pour retrouver les infos liées au livre concerné. Une fois ces informations trouvées, ton catalogue a grossi d'une fiche, sur laquelle tu trouveras une multitude d'informations : titre, auteur, édition, couverture, description, collection... et bien d'autres choses encore.

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Les droits demandés par les deux applications de scan' de code-barre ; Pic2Shop est moins intrusive


En "mode édition", pour chaque fiche, Book Catalogue te donne accès à trois onglets :
  • l'onglet "détails" - qui comporte toutes les infos précédemment citées
  • l'onglet "notes" - qui te permet de cocher la case "lu", de donner une note à 5 étoiles, un commentaire et de renseigner la date de début de lecture et la date de fin
  • l'onglet "prêt" - qui te permet, tu l'auras deviné, de saisir le nom de la personne à qui tu l'as prêté ; cet onglet te donne également accès à l'historique des prêts pour le livre en question
La fiche en mode consultation répertorie toutes les informations ci-dessus. C'est dense, mais plutôt bien organisé, et très pratique !

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L'accueil de Book Catalogue ainsi qu'un extrait des possibilités offertes


La vue catalogue quant à elle est, de loin, la plus intéressante. Ce qui est vraiment génial avec cette application, c'est que tu peux trier tes bouquins comme tu le souhaites :

  • par titre
  • par auteur
  • par date de publication
  • par date de lecture
  • par date d'ajout au catalogue
  • par appréciation
  • par format
  • par langue
  • par genre
  • par lu et non lu
  • par auteur et année
  • etc.
Tu as un trou de mémoire sur les titres déjà lus de cet auteur ? La réponse est dans un tri par auteur. Tu veux savoir combien de livres tu as lu sur l'année ou le mois ? Un tri par date de lecture fera l'affaire. Tu as oublié combien de livres tu as déjà acheté le mois dernier ? Un tri par date d'ajout, et le tour est joué. Une recommandation à faire à un ami pour un bon bouquin ? Appelle le tri par appréciation. Et ainsi de suite.

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Différents types de classement en mode "vue catalogue"


L'administration de l'application regorge d'options de personnalisation. Pour ne citer que les plus utiles/potentiellement intéressantes, tu peux :
  • sauvegarder tes données
  • exporter tes données en csv
  • importer un fichier csv
  • synchroniser Book Catalogue avec GoodReads
  • etc. - je te laisse le bonheur de découvrir les horizons merveilleux qui s'ouvrent à toi !

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Détails d'une fiche de livre en "mode vue" et en "mode édition"


A noter enfin que les autorisations demandées par l'application sont plus que raisonnables, et tout à fait logiques compte tenu des fonctionnalités à disposition. Un bon point supplémentaire donc !

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Les fonctionnalités d'ajout de nouveau livre


Il est vrai que Book Catalogue n'est pas l'application la plus esthétique du monde ; on sent que c'est pensé pour être fonctionnel et utilisé plutôt que pour séduire - l'application est open source (tout le monde peut consulter le code source) et gratuite (elle fonctionne sur le modèle du don, qui n'a rien d'obligatoire, et n'implique pas d'avoir à supporter des publicités ; tu peux aussi acheter des livres sur Amazon depuis Book Catalogue, ce qui fera bénéficier aux développeurs de l'application d'une partie du prix d'achat). Elle n'en demeure pas moins un outil très sympa à utiliser pour tout fétichiste-brasseur de livres. En ce qui me concerne, BookCatalogue est sans aucun doute l'application que j'utilise le plus sur mon smartphone ! Je ne peux donc que te recommander son utilisation !

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Le scan' de code-barre en action, l'ajout manuel et les menus accessibles sur chaque fiche livre


PS : si tu as des questions sur le fonctionnement de l'application, voilà le lien vers la FAQ


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Alors, vas-tu toi aussi céder aux sirènes de la classification et installer BookCatalogue ? Quelles sont tes manies de lecteur ? As-tu toi aussi des applications favorites en lien avec les livres ?

Dis-nous tout en commentaire !

L'ultra critique pré-NaNoWriMo : quatre en un !

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Pour changer un peu, et parce qu'avec l'approche du NaNoWriMo j'ai pensé que ça pourrait t'intéresser, ce mercredi, nous faisons d'une pierre quatre coups !

Il y a peu, dans mes #ptitBiscuits sporadiques, je te faisais part de l'envie qu'avait déclenché en moi le visionnage d'une vidéo de Samantha Bailly, qui recommandait 4 ouvrages sur l'écriture qui l'avaient aidée dans sa "carrière" d'écrivain. Elle en parlait avec tant de passion que, forcément, je n'ai pas pu résister. Les cinq minutes conséquentes au dit visionnage m'avaient vue délestée de quelques euros supplémentaires pour acquérir les ouvrages en question.

Complètement excitée à l'idée de me réconcilier avec une pratique de loisir de l'écriture (nous nous boudons mutuellement depuis quelques temps), j'ai immédiatement dévoré deux des titres (un week-end a suffi pour ça), et le troisième a gentiment suivi. Le premier de la liste de Samatha, je l'avais déjà dévoré et critiqué il y a quelques temps. Que du bonheur, donc !

Ainsi, je te propose de retrouver aujourd'hui les critiques des 4 titres recommandés par Samantha Bailly dans sa vidéo :

Écriture : Mémoires d'un métier, Stephen King
Autoportrait de l'auteur en coureur de fond, Haruki Murakami
Comme par magie, Elizabeth Gilbert
L'urgence et la patience, Jean-Philippe Toussaint


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Je serais ravie de savoir si tu les as lus, ce que tu en as pensé, si tu comptes les lire, et, surtout, si tu as d'autres livres inspirants sur le même thème à nous proposer !

Allez, sois pas timide, dis-nous tout :)

Comme par magie, Elizabeth Gilbert

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4ème de couverture

Depuis près de dix ans, des milliers de lecteurs de par le monde ont été inspirés et influencés par les livres d’Elizabeth Gilbert. Aujourd’hui, l’auteur puise dans son propre processus de création pour partager avec nous sa sagesse et son point de vue unique sur la créativité, et nous encourager à aller à la recherche de notre inspiration. Elle nous montre comment capturer ce que nous aimons le plus et comment tenir tête à ce qui nous fait peur ; évoque les attitudes, les approches et les habitudes dont nous avons besoin pour vivre notre vie de la façon la plus créative qui soit. Que nous souhaitions écrire un livre, relever de nouveaux défis professionnels, poursuivre un rêve trop longtemps mis de côté ou simplement insuffler un peu plus de passion dans notre quotidien, Comme par magie nous ouvre les portes d’un monde de merveille et de joie.

Mon avis

Elizabeth, je la connaissais depuis que j'avais son superbe TED dédié à la créativité. J'avais été totalement séduite par cette approche si bienveillante de la créativité, qui la posait comme une source d'épanouissement avant tout, et comme un travail de collaboration entre le créateur et l'idée qui le visitait (et, si tu n'as pas vu cette conférence si douce et bienfaisante - et drôle, je te presse instamment de remédier à cela, pour ton plus grand bénéfice). Je n'ai donc pas hésité un seul instant à me lancer dans cette lecture, qui a suivi de près celle d'Autoportrait de l'auteur en coureur de fond. A vrai dire, c'était la perspective de cette lecture-là qui m'enchantait le plus. J'avais hâte de ressentir une nouvelle fois cette connivence avec Elizabeth, cette douceur qu'elle transmettait avec tant d'efficacité.

L'ouvrage Comme par magie s'articule autour de 6 idées clé :
Courage
Enchantement
Permission
Persistance
Confiance
Divinité

Chaque idée clé est développée au cours de petits chapitres, émaillés ici et là d'anecdotes liées à la vie créative de l'auteur qui illustrent son propos.

Cette critique sera brève, parce que l'ouvrage est relativement dense. Mais ce qui m'a le plus plu dans Comme par magie, c'est cette bienveillance vis-à-vis des pratiques créatives que l'auteur transmet à ses lecteurs, cette sorte de générosité débordante. Plus encore, j'ai réellement A-DO-RÉ le concept de la création comme fruit de la rencontre d'une idée et d'un moyen de transmission, le créateur. Pour Elizabeth, les idées sont des entités invisibles qui parcourent le monde à la recherche d'un créateur attentif qui saura les entendre et les transmettre. Et cette relation collaborative entre l'idée et le créateur m'a totalement charmée. J'ai trouvé ça très beau. Et pas aberrant du tout.

Ce que je retiens de cette lecture, en dehors de ces éléments, c'est évidemment la pratique créative comme moyen d'épanouissement personnel, et pas comme éventuel gagne pain. Elizabeth a d'ailleurs un position très claire là-dessus : elle considère que l'écrivain n'est pas du tout nécessaire à la société, et qu'un consultant est bien plus utile - c'est un avis que je ne partage pas du tout, mais c'est une autre histoire. Elle raconte comment, pendant des années, elle a eu des petits boulots strictement alimentaires, mais qui lui servaient malgré tout de matière à créer. Pour Elizabeth, écrivain était une réelle vocation, et elle y a consacré toute sa vie, essuyant refus sur refus pendant des années. L'écriture était son refuge privilégié. Sa raison de vivre. Mais elle n'est devenue un métier qu'au bout de nombreuses années de pratique et de travail acharné. Elle parle également des refus comme source d'énergie : chaque lettre de refus était une raison supplémentaire de continuer à écrire, de s'acharner. Elle nous confie même une petite anecdote très intéressante sur l'aspect dérisoire du jugement d'un éditeur. Une directrice de revue qui avait refusé l'une de ses nouvelles une première fois, arguant que la fin ne l'avait pas convaincue, qui la publie quelques années plus tard, se disant conquise par cette même fin qui l'avait laissée froide auparavant...

Il me semble important de préciser qu'en dépit du titre, de la couverture majoritairement rose et de cette bienveillance sur laquelle j'insiste tant que cet ouvrage n'en est pas pour autant gnangnan. On ne verse pas (très peu) dans la niaiserie typiquement Américaine caractéristique des ouvrages de développement personnel d'Outre-Atlantique (oui, je sais, cette phrase est très méprisante, mais, vraiment, je déteste cette niaiserie US marbrée de chrétienté qui transpire de façon quasi unanime de tant de bouquins - c'était le coup de gueule du jour). Bon, ok, il y a bien quelques références à "Dieu", mais ça reste globalement assez discret.

Quant à la qualité d'écriture, car il en faut bien toucher un mot, elle est discrète. Ni excessivement simple, ni totalement dépourvue d'élégance, le texte transmet ce qu'il a à transmettre et se fait oublier. On n'en demande pas davantage.

Conclusion

Je n'ai pas été déçue par ma lecture de Comme par magie. C'est un ouvrage plein de douceur et de bienveillance, visant (en définitive) à redonner à chacun le goût de pratiquer ses activités créatives sans en ressentir de pression, sans se donner des ultimatums de productivité hors de propos. C'est un texte qui vise à réconcilier chacun avec sa créativité comme source de plaisir et d'épanouissement avant tout.

Je te recommande donc sans hésiter cette lecture, même si tu n'es pas en conflit avec ton Génie ; un petit coup de fouet au moral ne fait jamais de mal !

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Cette critique t'a-t-elle donné envie de lire Comme par magie ? L'as-tu déjà lu ? Qu'en as-tu pensé ? On t'écoute !


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Autoportrait de l'auteur en coureur de fond, Haruki Murakami

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4ème de couverture

De la course à l'écriture, il n'y a qu'une foulée que Murakami nomme la vitalité. Pour s'astreindre à une discipline d'écrivain, l'auteur a vendu son club de jazz, arrêté de fumer, commencé à courir, inlassablement, tous les jours. Journal, essai, éloge de la course à pied, au fil de confidences inédites, Murakami nous livre une méditation lumineuse sur la vie.

" Un traité de sagesse à la japonaise, et c'est aussi la source cachée de l’œuvre de Murakami, l'homme aux semelles de vent qui dévore les mots et le bitume avec la même fringale. "
André Clavel, L'Express

Traduit du japonais
par Hélène Morita

Mon avis

Jusqu'à la lecture de l'Autoportrait de l'auteur en coureur de fond, je n'avais encore jamais rien lu d'Haruki. Évidemment, son nom ne m'était pas inconnu ; entre les réseaux sociaux et les revues, difficile de ne pas le voir passer de temps en temps. La curiosité m'a souvent piquée à son endroit ; j'avais déjà lu une biographie sommaire du bonhomme, et son parcours étrange, un peu "rêveur" (c'est en tout cas ainsi que je le ressens), m'avait donné envie de découvrir son œuvre. La taille de la pile des bouquins en attente d'attention avait chaque fois su me détourner de cette nouvelle lubie. Jusqu'à la vidéo de Samantha Bailly. Là, je n'ai pas pu résister davantage...

Aussi étrange que cela puisse paraître, j'étais profondément excitée à l'idée de lire ce bouquin. Le titre, bizarrement, avait charmé un nombre considérable de mes neurones survivants, et le côté exotique ainsi que la biographie sommaire dont je t'ai déjà parlé en tête, je me suis jetée dans cette lecture avec délices. Il y avait un moment que je n'avais plus eu de mal à lâcher un livre pour (au choix) aller dormir/aux toilettes/manger/vivre ; il m'a fallu moins de 24 heures pour finir cet ouvrage. Autant te le dire tout de suite : c'est parce que j'ai vraiment aimé.

L'écriture d'Haruki est simple. Directe. À l'instar du ton employé par Stephen dans ses mémoires, on a presque la sensation d'être face à face avec l'auteur. Il s'exprime avec précision, sans fioritures, sans pour autant simplifier à l'extrême et appauvrir la langue. Un bon point.

Haruki mêle tout au long de cette autobiographie partielle des analyses de sa course et de son écriture, mais l'objet central de l'ouvrage reste la course de fond. Pour Haruki, et c'est en pratiquant l'écriture en tant que métier, avec acharnement, patience, et régularité qu'il en a fait le constat, le métier d'écrivain nécessite d'entretenir son corps et de maintenir une hygiène de vie impeccable. Loin de lui l'image de l'artiste maudit (qui semble avoir de solides racines également au fin fond de l'Orient) : comment peut-on espérer écrire des heures durant, tous les jours de toute l'année, si l'on n'a pas un corps en forme ? C'est, selon lui, impossible. Et c'est ainsi qu'en commençant à écrire, il s'est aussi mis à courir.

Au travers de ce texte, Haruki dresse un portrait de lui-même sans concession. Il se "descend" volontiers, et n'hésite pas à rappeler qu'atteindre un but nécessite en premier lieu de se fixer un objectif précis, de travailler dur pour y parvenir, et de ne pas se faire de cadeau. Le succès (dans ses entreprises), la réussite, nécessitent de l'acharnement et de l'engagement, sur le long terme. Et si l'on n'est pas capable de se tenir à ses engagements, alors sans doute ne souhaite-t-on pas si fort que cela atteindre les buts que l'on s'est fixé.

Pratiquant très irrégulièrement la course moi-même (l'info perso du jour !), j'ai été complètement transportée par les propos d'Haruki. Il fait, selon moi, une analyse très juste de l'engagement et des efforts requis pour progresser dans une pratique (ici l'écriture et la course). J'ai surtout pris énormément de plaisir à lire son parcours sportif, qui n'a rien d'exceptionnel, mais qui est toutefois satisfaisant par sa simple existence, sa simple persévérance, le plaisir de pratiquer chaque jour renouvelé. C'est une lecture qui désacralise la pratique sportive (dont l'engagement nécessaire à une progression régulière peuvent faire très peur à notre époque de résultats immédiats et sans douleur), le marathon (et si, moi aussi, j'en courais un ?), l'écriture un peu aussi. Mais c'est surtout une lecture qui invite à se considérer sans concession et à se poser les bonnes questions : pourquoi fais-je cela ? Ai-je de réels objectifs derrière ? Jusqu'à quel degré d'engagement suis-je prêt à aller dans ma pratique ? Finalement, suis-je sérieux et impliqué, ou suis-je un arriviste ? (c'est un peu brutal, mais tellement vrai !). Bref, lire cet ouvrage, c'est aussi se remettre en question sur un large pan des aspects de notre vie, et particulièrement sur notre relation aux engagements, et à la détermination, quelque chose qui, à mon sens, est très important et trop peu pris en compte, de manière générale.

Conclusion

Que tu sois porté sur la course ou seulement sur l'écriture, voire ni sur l'un ni sur l'autre, je ne peux que te recommander de lire Autoportrait de l'auteur en coureur de fond. C'est un ouvrage simple mais plus profond qu'il n'y paraît, qui invite le lecteur à s'interroger sur le lien entre les différents pans de sa vie, l'influence de chaque action/habitude sur les autres, la considération qu'il porte à ses différentes activités et les raisons pour lesquelles il les pratique. C'est aussi une œuvre sur le dépassement de soi, qui peut aider à aller plus loin, en commençant par se regarder tel que l'on est, et pas tel que l'on pense être.

Un vrai régal, qui m'a convaincue qu'Haruki Murakami rejoindrait bientôt la pile de livres à lire qui m'attendent patiemment sur l'étagère !

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L'urgence et la patience, Jean-Philippe Toussaint

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4ème de couverture

L'urgence, qui appelle l'impulsion, la fougue, la vitesse - et la patience, qui requiert la lenteur, la constance et l'effort. Mais elles sont pourtant indispensables l'une et l'autre à l'écriture d'un livre, dans des proportions variables, à des dosages distincts, chaque écrivain composant sa propre alchimie, un des deux caractères pouvant être dominant et l'autre récessif, comme les allèles qui déterminent la couleur des yeux.

Mon avis

Avant d'attaquer le vif du sujet, un mot sur le format. Les Éditions de Minuit, c'est bien joli, mais ça coûte cher. Très cher pour "ce que c'est". En l’occurrence, 11€ pour quelques 100 pages, d'énormes marges et une police 14 - certes, la qualité d'un ouvrage ne se mesure pas à la quantité de mots qu'il contient, mais quand même... Qui plus est, certains des textes composant ce recueil (car c'est de cela qu'il s'agit) sont des rééditions de textes déjà parus ultérieurement notamment dans des revues. Ça, c'est pour l'aspect purement matériel.

Le contenu maintenant. Je m'étais dit qu'avec ses quelques 100 pages, j'en viendrais à bout rapidement. Était-ce cette boulimie des jours précédents (ce titre est arrivé troisième dans la liste) ou tout simplement le texte en lui-même, la lecture m'en a paru suffisamment fastidieuse pour s'étaler sur plusieurs semaines.

L'urgence et la patience, c'est un style bien plus exigeant que les trois autres ouvrages en lice dans cette ultra-critique 4-en-1 ; si les autres ouvrages peuvent être qualifiés de simples ou d'abordables, celui-ci se produit dans un niveau de langue plus recherché. Ce n'est, bien évidemment, pas un problème, simplement un fait à conserver à l'esprit.

J'avoue que lorsque je me suis lancée dans cette lecture, après quelques pages d'imprégnation, j'espérais quelque chose de vraiment riche quant au contenu et à la profondeur des réflexions de l'auteur. Or il se trouve que si les quelques chapitres s'attachant aux réflexions de l'auteur sur l'écriture et sa propre pratique sont intéressant, il n'en demeure pas moins qu'un certain nombre de chapitre n'ont pas grand chose à voir. Je pense notamment à un chapitre dédié aux chassés-croisés de Samuel Beckett dans la vie Jean-Philippe, ou encore à la narration qu'il fait de sa rencontre avec son éditeur. Intéressant, sans doute. Mais ce n'était pas ce que j'attendais de ce recueil. Et si la vie d'Haruki Murakami du point de vue de sa pratique sportive m'a intéressée, je dois dire que, pour le coup, les "tribulations" de Jean-Philippe m'ont semblé relativement insipides - bien que très bien écrites.

Conclusion

Je fais court, je ne te recommande pas ce livre - sauf si tu parviens à te le faire prêter, ou à l'obtenir à bas prix chez un bouquiniste. À mon sens, le prix est sans rapport avec le contenu qui, s'il est fort bien rédigé, me semble (et chacun a bien entendu le droit d'être ou non en désaccord avec cette opinion) très léger et de peu d'intérêt. J'attendais quelque chose de réellement profond et de centré sur l'écriture, et j'ai été cruellement déçue.

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Et toi, penses-tu lire L'urgence et la patience ? L'as-tu déjà lu ? Qu'en as-tu pensé ?


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Adrienne Mesurat, Julien Green

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4ème de couverture

A vingt-sept ans, avec ce roman devenu un classique, Julien Green installait aux côtés d'Eugénie Grandet et d'Emma Bovary une autre inoubliable figure de femme au destin silencieusement écrasé dans l'étouffante médiocrité de la province. Jeune et belle, Adrienne Mesurat s'étiole entre un père tyrannique et borné et une sœur plus âgée, aigrie et malade. Il suffit d'un homme croisé, d'un regard un instant saisi, pour rendre à jamais insupportable cette existence sans espoir... Du chemin qui l'emmène alors vers la tragédie la plus sombre, seul le romancier de Léviathan et de Si j'étais vous... connaît tous les détours. Il nous y conduit insensiblement, dans un récit envoûtant et comme immobile, où dès la première page, pourtant, nous pressentons et attendons l'inéluctable.

Mon avis

Ce bouquin, c'est après avoir visionné la vidéo de Lemon June que j'ai eu envie de le lire - il faut dire que regarder les vidéos de Lemon June est un excellent moyen d'avoir envie de lire tout un tas de choses. Ni une, ni deux, j'ai donc commandé ce petit bijou, que j'ai attendu avec la plus grande impatience.

Comme l'indique le quatrième de couverture, Adrienne Mesurat, c'est l'histoire d'une jeune fille qui vie cloîtrée chez son père, avec pour toute compagnie ce même père vieux et cramponné à sa routine comme une arapède à son rocher, et sa sœur vieillissante, malade, et tout simplement détestable. Et la vie d'Adrienne s'arrête là ; pas d'activité autre que le ménage, une éventuelle promenade pour aller cueillir des fleurs, pas de perspective d'avenir, peu voire pas d'éducation, aucun loisir. En gros, cette jeune fille regarde la vie passer dans sa bulle de néant, entourée qu'elle est de ses maniaques familiers. Jusqu'au jour où tout bascule, où le voile d'obscurité qui la tient gentiment dans l'inconscience de la vie se déchire et lui fait entrevoir la misère de sa condition. Prise dans cette solitude qui a toujours caractérisé son existence, elle se découvre soudain une raison de vivre, un fantasme, qui devient une véritable obsession puisqu'entretenue à loisir par des éternités de rien. De jeune fille sage et sans histoire sachant s'accommoder d'une vie pénible, Adrienne va alors perdre pied et s'enliser petit à petit dans la folie.

J'ai eu un peu de mal à entrer dans cette lecture ; si le style de Julien Green est discret et léger, l'histoire en elle-même sent dès le début le renfermé. Chaque détail, chaque information savamment distillée par l'auteur contribue à donner plus de force à cette odeur fanée qui émane de cette terrible existence qui mène Adrienne (ceci n'est pas une erreur) - on reconnaîtrait sans mal au travers des premières pages cette odeur caractéristique de l'intérieur des personnes âgées. Et, je ne sais pas toi, mais personnellement, cette odeur-là, je ne l'apprécie pas. Difficile, donc, de rentrer là-dedans sans froncer le nez, bien que ce ne soit là que le résultat de cette reconstitution parfaite et pas d'un texte moribond. Je me suis pourtant accrochée, et plus j'ai avancé dans ma lecture, plus j'y ai été absorbée, comme prise au piège avec Adrienne de ses obsessions, de son malaise. J'ai réellement ressenti des moments de malaise intense à cette lecture, d'une part parce que l'auteur transcrit des situations terribles avec une justesse effarante, mais plus encore parce que (et c'est le petit détail personnel) ces situations de psychose liées à la solitude et au caractère obsessionnel qu'elle entraîne m'a ramenée à des périodes de ma propre existence, que je pensais enfouies à jamais. On vit donc avec Adrienne son malaise, et sa descente aux enfers.

J'ai terminé cette lecture assez rapidement, une fois rentrée dedans, mais le parcours n'a pas été sans douleur. Le malaise était parfois si fort qu'il m'a fallu laisser le livre de côté un moment avant d'y revenir. Entre deux lectures, je me sentais relativement mal, comme toujours imprégnée par cette ambiance malsaine et terrifiante développée au fil des pages. Et si la fin (tu t'en doutes) n'a pas été heureuse, elle a en tout cas été pour moi l'occasion d'une libération plus que bienvenue - ma "fusion" avec Adrienne avait pris fin, elle finissait enfin d'avoir prise sur moi. Ce qui m'a fait l'effet d'une véritable bouffée d'oxygène. J'ai eu, par la suite, du mal à écrire cette critique (cela fait déjà plus d'un mois que j'ai terminé cette lecture) ; il m'a fallu attendre une distance de sécurité minimum pour pouvoir évoquer avec le recul nécessaire cette expérience troublante.

Il s'agit donc là d'un roman puissant. Adrienne Mesurat fait partie de ces lectures qui prennent possession du lecteur et lui tordent les boyaux à loisirs, jusqu'au dernier moment. Ce qui peut, j'en conviens, ne pas être une expérience agréable - elle n'en demeure pas moins une démonstration impressionnante de la force d'écriture de Julien Green. Peut-être faut-il avoir déjà vécu ce type d'expérience pour y être sensible. En tout cas, c'est une lecture qui ne laisse pas indifférent.

Conclusion

Si par "adorer une lecture" on entend l'atteinte d'un plaisir épanouissant, d'un moment passé le sourire aux lèvres, alors je n'ai pas adoré Adrienne Mesurat. C'est un roman extrêmement noir, qui engloutit tout dans son obscurité si épaisse. Toutefois, pour cette aptitude à transmettre un malaise aussi puissant, à rendre si vivante une situation horrifique, à prendre possession de son lecteur, Adrienne Mesurat est un grand roman, sombre, mais puissant. Madame Bovary fait très "bon enfant" à côté.

Si tu aimes les expériences prenantes, n'hésites pas un instant.

Je me permets de te mettre en garde, si tu es émotionnellement fragile, si tu es fatigué, tendu, nerveux. Ce n'est sans doute pas le moment pour plonger là-dedans. La remontée pourrait être difficile. (oui, je sais, j'en parle comme du Necronomicon de Lovecraft !)

Quoi qu'il en soit, Adrienne Mesurat est sans aucun doute une lecture à faire, un jour. Je ne regrette pas un instant d'avoir "surmonté" l'épreuve, et je ne peux que t'encourager à y aller - les yeux grands ouverts, le baudrier bien attaché, et une lampe torche à la main.

Cette critique t'a-t-elle donné envie de lire Adrienne Mesurat ? L'as-tu déjà lu ? Qu'en as-tu pensé ? On t'écoute !